





Ton enfant claque la porte, pleure pour une chaussette, crie “c’est nul” ou répond juste “je sais pas” quand tu lui demandes ce qui ne va pas ?
Dans ces moments-là, on aimerait parfois qu’il dise simplement : “je suis triste”, “j’ai eu peur” ou “je suis frustré”. Mais pour un enfant, mettre des mots sur ce qui se passe à l’intérieur peut être vraiment difficile.
La bonne nouvelle, c’est que tu n’as pas besoin de transformer ton salon en séance de psychologie. Le jeu peut devenir un chemin très simple pour aider ton enfant à reconnaître, nommer et verbaliser ses émotions, sans pression.
Quand une émotion monte fort, ton enfant ne choisit pas toujours ses réactions. Son corps parle avant ses mots. Il pleure, il boude, il tape du pied, il se cache ou il explose.
Ce n’est pas forcément de la provocation. Souvent, c’est juste trop flou pour lui.
Il peut sentir quelque chose de très intense sans savoir si c’est de la colère, de la peur, de la honte, de la fatigue ou un mélange de tout ça. Et quand toi, tu poses la question “qu’est-ce que tu ressens ?”, il peut se retrouver bloqué.
Verbaliser une émotion demande plusieurs petites étapes :
C’est beaucoup. Surtout quand il est déjà submergé.
Le jeu enlève une partie de la pression. Au lieu de demander à ton enfant de parler directement de lui, tu peux passer par une carte, un personnage, une histoire ou une situation inventée.
Et ça change tout.
Un enfant qui ne veut pas dire “je suis triste” peut très bien dire : “lui, il est triste parce que son copain est parti”. En parlant d’un personnage, il parle parfois un peu de lui, mais à distance. C’est plus doux.
Le jeu permet aussi de répéter sans en avoir l’air. On nomme une émotion, on la mime, on l’associe à une situation, on cherche ce qui pourrait aider. Petit à petit, ton enfant construit son vocabulaire émotionnel.
Tu peux voir ça comme une petite bibliothèque intérieure. Plus ton enfant a de mots et d’images pour comprendre ce qu’il ressent, plus il peut s’exprimer autrement que par le corps ou les cris.
Avant de parler de frustration, de jalousie ou de déception, commence simple.
Avec les plus petits, tu peux partir des émotions qu’ils rencontrent souvent :
L’objectif n’est pas qu’il récite une liste. L’objectif, c’est qu’il commence à faire des liens.
Par exemple :
Tu proposes. Tu n’imposes pas. Ton enfant a le droit de dire non. Même ce désaccord l’aide à affiner ce qu’il ressent.
Pose quelques cartes émotions devant ton enfant. Pas trop. Trois ou quatre suffisent au début. Tu peux le faire avec les Cartes d’apprentissage des émotions, qui donnent à ton enfant un support concret à regarder et à choisir.
Tu peux lui demander : “Aujourd’hui, quelle carte ressemble le plus à ton humeur ?”
S’il ne répond pas, tu peux commencer toi-même : “Moi, je choisirais celle-ci, parce que je suis contente d’avoir passé du temps avec toi.”
Le but n’est pas de lui faire parler à tout prix. Le but est de lui montrer que les émotions peuvent se nommer simplement.
Chacun pioche une émotion et la mime. L’autre doit deviner. Pour ce jeu, le Jeu de rôle et d’imitation des émotions est particulièrement adapté : ton enfant passe par le corps avant de passer par les mots.
Ce jeu fonctionne bien parce qu’il passe par le corps. Ton enfant observe les sourcils, la bouche, les épaules, les poings, la posture. Il comprend que l’émotion se voit parfois avant de se dire.
Après le mime, tu peux ajouter une question courte : “Dans quelle situation on peut se sentir comme ça ?”
Prends une figurine, une peluche ou un petit personnage. Inventez une scène très simple. Si tu veux un cadre déjà prêt, L’Épopée des émotions permet justement d’avancer avec des situations, des jeux et des étapes pour comprendre ce qui se passe.
Par exemple : “Léo voulait jouer avec son camion, mais quelqu’un l’a déjà pris.”
Ensuite, demande : “À ton avis, qu’est-ce qu’il ressent ?”
Comme ton enfant parle du personnage, il peut se sentir moins exposé. C’est souvent plus facile que de parler directement de lui.
Associe une émotion à une situation. Une carte “colère” peut aller avec “je n’arrive pas à faire mon puzzle”. Une carte “peur” peut aller avec “j’entends un bruit dans le noir”. Les Cartes d’apprentissage des émotions peuvent servir de base pour créer ces associations sans préparer une activité compliquée.
Tu peux le faire avec de vraies cartes, ou simplement à l’oral.
L’intérêt, c’est d’aider ton enfant à comprendre que l’émotion n’arrive pas de nulle part. Il y a souvent une situation, une pensée, un besoin ou une fatigue derrière.
Quand ton enfant commence à être à l’aise, propose des débuts de phrases. La Roue des émotions peut l’aider à choisir un mot avant de construire sa phrase.
Tu peux aussi répondre toi-même de temps en temps. Ça montre à ton enfant que les adultes aussi ont des émotions, et qu’on peut en parler sans que ce soit grave.
Le meilleur moment, ce n’est pas au coeur de la crise.
Quand ton enfant est submergé, il a souvent besoin d’abord de sécurité, de présence et de temps. Les cartes, les jeux et les mots seront plus utiles quand l’intensité est redescendue, ou dans un moment calme de la journée.
Tu peux proposer un petit rituel de 5 minutes :
Pas besoin d’en faire beaucoup. Un jeu court, répété régulièrement, peut déjà créer un vrai repère.
Si tu veux éviter d’improviser à chaque fois, tu peux t’appuyer sur des supports visuels. Ils donnent à ton enfant quelque chose à regarder, à choisir, à manipuler.
Chez L’Épopée Ludique, plusieurs outils peuvent t’aider selon ton besoin.
Si ton enfant débute, les cartes ou la roue peuvent suffire. Si tu veux un accompagnement plus progressif, L’Épopée des émotions rassemble plusieurs outils pour avancer étape par étape : comprendre, exprimer, puis retrouver le calme.
Quand on veut aider, on peut vite en faire trop. Et c’est normal : on cherche une solution.
Mais certaines phrases bloquent parfois plus qu’elles n’aident :
À la place, tu peux essayer des phrases plus ouvertes :
Ce n’est pas magique. Mais ça crée un climat plus rassurant pour que les mots arrivent petit à petit.
Il a le droit.
Verbaliser ses émotions ne veut pas dire parler sur commande. Certains enfants ont besoin de passer par le dessin, le mouvement, le mime, les histoires ou le jeu symbolique avant de dire les choses avec des mots.
Tu peux lui proposer plusieurs portes d’entrée :
Tout cela compte. Même si ton enfant ne formule pas encore une phrase complète, il apprend déjà à faire le lien entre ce qu’il vit et ce qu’il peut exprimer.
Aider ton enfant à verbaliser ses émotions, ce n’est pas lui demander d’être calme et raisonnable tout le temps.
C’est lui donner, petit à petit, des mots, des images et des jeux pour comprendre ce qui se passe en lui.
Tu peux commencer très simplement : une carte, une situation, un personnage, une phrase courte. Pas besoin de tout faire. Pas besoin de réussir à chaque fois.
Le plus important, c’est que ton enfant sente qu’il peut traverser ses émotions avec toi, et qu’il existe d’autres chemins que crier, taper, se fermer ou exploser.
Tu peux commencer très tôt, avec des mots simples. Avant même de savoir bien parler, un enfant peut montrer une carte, mimer une émotion ou reconnaître une expression.
Pendant une grosse crise, ce n’est pas toujours le bon moment. Ton enfant a souvent besoin d’abord de présence et de sécurité. Les jeux autour des émotions sont plus efficaces dans les moments calmes, ou après coup.
Tu peux lui proposer de choisir entre deux cartes, de montrer une image, de mimer ou de parler d’un personnage. L’idée est de réduire la difficulté, pas de le forcer à trouver le mot parfait.
Les cartes sont un très bon point de départ. Elles deviennent encore plus utiles quand tu les utilises dans de petits jeux : associer, mimer, raconter, inventer une histoire ou chercher ce qui pourrait aider.



Avec 7 étapes à parcourir en famille et 3 jeux outils à imprimer. Bref une véritable épopée à faire en s'amusant !
Ce carnet de voyage est le tien
Ici, c’est toi qui décide de ton parcours, de l’ordre des étapes à suivre, de ton itinéraire.
Tu pourras y trouver les différentes étapes pour mettre en place une parentalité ludique : des espaces pour prendre des notes, des jeux outils à imprimer...


